Les épargnants sont en train de vivre un changement de paradigme important qui oblige à revoir en profondeur la manière d’envisager l’épargne de long terme.

Il y a 20 ans ou presque, lorsque j’ai commencé mon métier de conseiller en gestion de patrimoine, la préconisation de placement était la même ou presque pour toutes les problématiques patrimoniales : Épargner en fonds euros dans un contrat d’assurance-vie.

La réponse était parfaite et la très grande majorité des épargnants l’avait bien compris. A l’époque, c’est à dire en 2000, le fonds euros rapportait autour de 5.50% par an pour une inflation à 1.70% et un livret A à 2.70%.

5.50%, sans risque, sans aléa, sans contrainte de gestion, … Bref, le paradis de l’épargnant.

Aujourd’hui, vous êtes donc des millions à avoir épargné des sommes incroyables dans les fonds euros des contrats d’assurance-vie. Qu’il s’agisse d’une épargne de court terme, de moyen terme ou même de long terme, toute votre épargne ou presque est placée dans le fonds euros de l’assurance-vie.

C’est là l’héritage de cette longue période pendant laquelle le fonds euros, et par conséquent l’assurance-vie, étaient la réponse à tous vos besoins patrimoniaux.

Cette période est révolue. Le fonds euros n’est plus ce merveilleux placement. s’il vous a fait gagner beaucoup d’argent depuis 30 ans, sans effort, ce ne sera plus le cas à l’avenir. Au contraire, le fonds euros va vous appauvrir ! Le rendement avenir pourrait être tellement faible que l’inflation va lentement, mais surement en grignoter la valeur relative.

Il est donc urgent de travailler pour revoir intégralement votre stratégie d’épargne. Ce n’est pas sérieux d’épargner en fonds euros d’assurance-vie sans vous poser la question de l’utilité réelle de cette épargne et de la nature de votre projet de vie.

Chaque épargnant doit donc réaliser un travail d’introspection et de réflexion pour mettre en œuvre une stratégie patrimoniale qui sera adaptée à ses projets de vie qui justifient l’épargne.

C’est là, un travail de réflexion que nous pouvons réaliser ensemble à l’occasion de nos rendez-vous de consultation patrimoniale ou de bilan patrimonial

Pourquoi épargnez vous ?

Vous devez donc revoir votre stratégie d’épargne. Pour cela, et pour commencer, vous pouvez essayer de répartir votre épargne totale en fonction de vos besoins futurs et des montants que vous souhaitez allouer à tel ou tel projet :

  • Court terme ;
  • Moyen terme ;
  • Long terme.

Un projet de vie à satisfaire à court terme.

Est ce que votre épargne est destinée à vous sécuriser en cas de coup dur ? S’agit il d’une épargne dite de précaution qui servira à financer des travaux dans votre maison à l’horizon de 5 ans, changer de voiture, financer les études des enfants dans moins de 5 ans, ou tout autre besoin.

Dans cette perspective d’une épargne de sécurité, vous avez raison de prioriser la sécurité et la disponibilité de votre épargne. En revanche, vous devez abandonner la perspective d’un rendement attrayant. La sécurité et la disponibilité ont un prix, c’est le rendement.

Cette épargne pourra être placée sur un livret A, un LDD, un PEL ou le fonds euros de votre assurance-vie. Le rendement sera médiocre, mais c’est le prix à payer pour être certain d’avoir de l’argent disponible à court terme pour financer ces projets qui pourrait se concrétiser rapidement.

Comme vous le constatez, le fonds euros et l’assurance-vie ne sont pas des réponses systématiques dans cette perspective.

Un projet de vie à satisfaire à moyen terme, c’est à dire entre 5 et 10/12 ans.

Il s’agit là de l’affectation d’épargne la plus complexe à réaliser. En effet, la durée de placement est trop longue pour accepter de l’immobiliser dans une épargne disponible à tout moment dont le rendement serait proche de 0, mais cette durée n’est pas assez longue pour se permettre d’investir dans l’économie réelle.

L’immobilier n’est pas une solution envisageable (notamment pour un projet de vie à satisfaire de moins de 10 ans) car les frais inhérents à l’investissement immobilier, y compris en SCPI, sont trop lourds pour se permettre d’y investir pour moins de 10 ans.

Quant à l’investissement en actions, la volatilité naturelle du marché obligera l’épargnant à adapter son projet de vie en fonction du niveau des marchés actions. Investir en actions avec la perspective d’utiliser son épargne dans 5 à 10 ans, c’est prendre le risque d’un marché très bas au moment ou vous avez besoin de votre argent et être obligé d’attendre une remontée des cours (qui arrivera) pour réaliser votre projet. C’est dommage.

La seule solution est alors de sélectionner des placements financiers dont la volatilité sera raisonnable grâce à une gestion des risques soucieux d’assurer une disponibilité de l’épargne à moyen terme.

Dans l’assurance-vie, les fonds eurocroissance pourront peut être être une solution, même si la meilleure option sera vraisemblablement des gestion financiers « équilibre » ou « prudente » selon votre acceptation de la variation des cours qui pourront être le obtenue dans le cadre d’une gestion pilotée « équilibre » ou d’OPCVM flexibles et/ou diversifiés.

D’une manière générale, il s’agit d’une épargne investie sur les marchés financiers actions et obligataire avec une gestion confiée à un gestionnaire de portefeuille dont l’objectif ne sera pas tant d’obtenir un rendement élevé que de maitriser le risque du portefeuille.

L’épargnant devra accepter de ne pas comprendre comment son épargne est investie et de faire confiance au gestionnaire.

A titre personnel, c’est une typologie d’investissement que je ne réalise pas, ou très peu. Je veux toujours comprendre ce que je fais et comment mon épargne est investie.

J’ai donc supprimé cette catégorie « Un projet de vie à satisfaire à moyen terme, c’est à dire entre 5 et 10/12 ans. » et j’ai répartie les sommes qui pourraient être affectées à ce besoin de financement à 5/10 ans entre épargne sécurisée (1/4) et épargne de très long terme (3/4).

Un projet de vie à satisfaire à long terme (plus de 15 ans).

Il s’agit typiquement de la préparation de la retraite, de la succession pour les enfants, du financement de la maison de retraite et globalement de toutes ces sommes que vous épargnez sans avoir de projet particulier à financer.

C’est souvent la majorité de votre épargne qui a vocation à satisfaire ces vagues projets de vie à long terme.

L’épargne aujourd’hui placée dans le fonds euros de votre assurance-vie, mais qui aurait une vocation d’épargne à long terme doit impérativement être investie dans l’économie si vous ne voulez pas subir euthanasie des épargnants par les taux d’intérêt négatifs (cf. « Pourquoi vous ne devriez pas avoir autant d’épargne. »)

Le fonds euros est clairement une erreur et une source d’appauvrissement. Deux solutions peuvent être envisagées :

L’assurance-vie ne sera pas systématiquement conservée. Seuls ceux qui auraient un objectif fort de réduction des droits de succession devront épargner en assurance-vie, les autres pourront l’éviter et ainsi ne pas payer les frais de gestion insupportables qui empêchent toutes perspectives de rendement (cf. « Assurance-vie : Investir en unités de compte est rarement rentable. »)

Pour ceux qui voudraient conserver l’idée d’épargner en assurance-vie, vous devrez probablement changer de contrat pour rechercher un contrat nouvelle génération dont les frais de gestion sont faibles et qui offrent la possibilité d’investir en ETF ou en actions en titres vifs.

La réduction drastique des frais est la seule manière pour espérer obtenir un rendement attrayant via les unités de compte de vos contrats d’assurance-vie.

L’investissement en actions.

L’investissement en actions pourra être réalisé en priorité dans un PEA ou un PER titre (cf. « Le PER Compte-titres est un excellent placement, mais où le souscrire ? ») ou dans un contrat d’assurance-vie et/ou PER à frais réduits via des ETF ou des titres vifs (cf. « Bourse : L’ETF MSCI World est-il la martingale de l’investissement en actions ?« )

Ceux d’entre vous qui se sentent capables de sélectionner entre 20 à 25 entreprises cotées pourront le faire sans tomber dans le piège de la spéculation (cf. « Vous devez investir en bourse comme vous investissez dans l’immobilier !« )

Pour les autres, qui constituent la très grande majorité d’entre nous, l’investissement en action pourra s’envisager via l’acquisition d’un ETF, c’est à dire un produit financier à frais très réduits dont la vocation est de suivre la performance d’un indice (CAC40 par exemple) dividendes réinvestis comme nous l’expliquions dans cet article « Le CAC40, c’est 7.76% de rendement annuel net depuis 34 ans ! Comment en profiter ?« .

L’investissement en immobilier.

L’investissement immobilier pourra être envisagé en direct, c’est à dire acheter un bien immobilier affecté à votre résidence principale, secondaire ou locative mais aussi, dans une moindre mesure par les SCPI (cf. « SCPI : Et si c’était vraiment le bon moment d’investir ? » et « SCPI : Le tsunami se confirme. L’immobilier de bureaux face au télétravail. »)

Comme nous vous l’expliquons dans notre livre « Investir dans l’immobilier« , l’actif immobilier à vocation à suivre le dynamisme de l’économie à long terme et protègera mécaniquement votre patrimoine contre l’inflation et vous fera ainsi profiter de la dynamique inexorablement favorable de l’économie à long terme.

ps : Ceux d’entre vous qui croyez que nos modèles de société sont en voie de destruction, si vous êtes un adepte de la théorie de grand reset ou encore de la décroissance écologique tout en ayant une épargne abondante, vous êtes mal.

Vous ne pouvez sereinement investir dans l’économie, puisque vous anticipez sa destruction prochaine. Investir dans l’économie et les entreprises lorsque l’on croit à la décroissance est une ineptie (cf. « [Réflexion] Un suicide économique collectif sur fond de répression écologique ?« ). Il est quasi impossible d’investir sereinement si l’on est pas convaincue des vertus du capitalisme.

Si vous croyez à la décroissance, vous devez donc investir dans votre résilience et votre autarcie. Vous devez utiliser l’argent de votre assurance-vie pour acheter une grande résidence principale entourée de terre agricole et attendre l’apocalypse (même si vous risquez d’attendre longtemps) – cf. « Gérer son patrimoine, c’est investir dans la narration dominante. Arrêtons l’hystérie millénariste.« .

Et vous pourquoi épargnez vous ?

Croyez vous vraiment que le fonds euros est le placement idéal pour votre épargne de long terme ?

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