Nous poursuivons notre série d’articles autour de l’investissement en actions avec une analyse complète d’une vieille stratégie remise au goût du jour par les réseaux sociaux : L’investissement programmé ou pour faire plus moderne le DCA ( Dollar Cost Averaging).
Si vous croyez que c’est le DCA ou l’investissement programmé qui vous permettra d’atteindre le fameux rendement de 8% / an avec votre investissement en actions, vous risquez d’être déçu.
Personnellement, je fais ce métier depuis 20 ans. Cela fait 20 ans que je le pratique et le conseille sous le terme d’investissement programmé ou investissement progressif. Rien de nouveau avec le DCA, mais surtout rien de miraculeux.
L’investissement programmé ou DCA, c’est simplissime : Il s’agit tout simplement d’investir mensuellement en actions via un OPCVM ou un produit indiciel type ETF ;
Un investissement mensuel, automatique et pour une somme identique (éventuellement indexée sur l’inflation) qui permet de lisser les prix de revient et surtout d’éviter d’investir massivement au pire moment, c’est-à-dire la veille d’un krach boursier.
L’investissement programmé n’est pas une stratégie source d’un meilleur rendement, ce n’est pas son objectif principal. L’investissement programmé vise avant tout à réduire le risque d’un investissement fait au mauvais moment.
L’investissement programmé ou DCA ne permet pas de générer du rendement, il évite simplement la catastrophe d’un timing catastrophique.
En réalité, l’investissement programmé est très utile dans les phases hautes de marché, autrement dit en fin de cycle haussier.
Lorsque les cours de bourse sont bas, pas d’hésitation, il est préférable d’investissement massivement sur le marché afin de saisir l’opportunité offerte par la chute des cours. Néanmoins, on ne sait qu’après coup que le marché était bas. C’est toujours plus facile à dire quelques années après. Sur le coup, le stress est maximum.
En revanche, lorsque les cours sont hauts, difficile d’y investir massivement, le risque d’un retour de la volatilité pourrait exposer l’investisseur au risque d’investir au mauvais moment, c’est-à-dire, juste avant une baisse des cours. Un risque d’autant plus grand que les cours sont hauts.
C’est alors que l’investissement programmé est une stratégie de gestion du risque indispensable. Au lieu d’investir en une seule fois, l’investisseur va fractionner son investissement afin de lisser son investissement dans le temps, et peut-être réussir à réduire son prix d’entrée en profitant de la variation aléatoire des cours.
C’est tout. En aucun cas, l’investissement programmé est générateur de rendement. Il s’agit juste d’une mesure de gestion du risque.
En 2010, au tout début de l’histoire du site, j’avais écrit cet article « Investissement régulier sur les marchés actions : la meilleure solution pour investir en limitant les risques« . En 2015, j’avais même construit un simulateur de performance pour valider cette idée que l’investissement programmé n’était pas générateur de rendement.
Ce simulateur permettait de calculer le TRI d’une stratégie d’investissement programmé entre 1990 et 2015. Les TRI calculés étaient mauvais, et cela, pour une raison simple : 2000 et 2008 étaient passées par là. En 2015, le CAC40 dividendes réinvestis retrouvait juste ces niveaux de 2000 !
Rien n’a changé depuis 15 ans. Le style d’écriture a évolué, mais fondamentalement le propos est le même 😉
La source du rendement de votre investissement en actions, c’est l’évolution du cours de l’action ou de l’indice sur lequel vous investissez.
Cela semble évident, mais parfois, il est important de rappeler les fondamentaux. Donc, nous venons de la$e voir, le DCA ne génère pas de rendement, il permet d’éviter le risque d’un mauvais moment d’investissement.
La source de la performance de votre investissement restera la performance du sous-jacent, c’est-à-dire de l’action ou de l’indice dans lequel vous investissez.
Si l’indice ne génère pas de rendement, votre investissement en action, même en DCA ne générera pas de rendement. Cela semble évident, mais je vous assure que ça ne l’est pas tant que ça.
Pour reprendre les données du CAC40 dividendes réinvestis utilisées dans l’article de ce matin « Non, votre investissement en actions ne rapportera pas de 8% par an !«
- Entre le juillet 2000 et novembre 2014 = Performance de l’investissement CAC40 dividendes réinvestis : 0%. Soit 14 ans sans rendement ! C’est long !
- Entre mai 2007 et juillet 2016 = Performance de l’investissement CAC40 dividendes réinvestis : 0%. Soit 9 ans sans rendement ! C’est long !
- Pourtant entre juillet 2000 et aujourd’hui = Performance de l’investissement CAC40 dividendes réinvestis : +159% en 25 ans, soit 3.88% / an / 25 ans. Pas terrible.
- Pourtant entre juillet 2007 et aujourd’hui = Performance de l’investissement CAC40 dividendes réinvestis : +134% en 17 ans, soit 5.13% / an / 17 ans. C’est mieux, mais pas assez au regard du risque.
Celui qui a mis en place un DCA entre 2000 et 2015, n’a pas gagné grand-chose car le CAC40 dividendes réinvestis n’a lui même pas généré grand-chose.
Idem entre 2007 et 2016.
Comme je vous l’expliquais ce matin, le rendement moyen de 8% par an n’est atteint qu’à la condition d’un investissement de très long terme (30 ans et même plus).
La performance à court et moyen terme de l’investissement en action est trop aléatoire pour permettre d’espérer un tel rendement de 8% comme je vous l’expliquais ce matin « Non, votre investissement en actions ne rapportera pas de 8% par an !«
Un DCA sur 15 ans, ne permettra pas de faire de miracle. DCA ou pas, c’est uniquement le très long terme vous permettra d’espérer une bonne performance avec vos actions.
Vous êtes partis pour 30 ans ! Si vous n’avez pas autant de temps, il vous faut réduire vos ambitions de performance, car le DCA n’y changera rien.