La notion de risque accompagne naturellement tout investissements en actions.
Qui n’a jamais lu « L’investissement en actions, obligations ou OPCVM présente un risque de perte en capital important, et doit s’envisager dans une optique long terme, en représentant une petite partie d’un patrimoine global » à la fin de la présentation de tel ou tel investissement en actions.
Si j’étais épargnant, je serais effrayé par une telle précaution sémantique. Qui peut accepter d’investir dans un placement qui « présente un risque de perte en capital important […] représentant une petite partie d’un patrimoine global« .
Pas moi. Je préférerais investir dans l’immobilier qui apparaîtra alors comme tellement moins risqué. Au moins, avec l’immobilier, je ne risque pas de perdre mon capital ! (et surtout, je peux y investir une part importante de mon patrimoine).
Pourtant, tout cela est faux ! Je crois qu’il faut combattre cette idée qui laisse à penser que l’investissement en actions est synonyme de risque de perte en capital. Je défends l’idée selon laquelle l’investissement en action n’est pas particulièrement risqué pour celui qui connaît le prix à payer de cet investissement et qui s’engage à le respecter pendant toute la durée de son investissement.
Investir en actions n’est pas plus risqué qu’investir dans l’immobilier ; le prix à payer est simplement différent.
Je crois qu’il est possible d’investir une part importante de son patrimoine en actions sans pour autant être un mauvais parent qui jouerait au casino avec le fruit de son travail et la patrimoine qui permettra à ses enfants de faire des études.
A titre personnel, l’investissement en actions représente plus de 60% de mon patrimoine net et pourtant, je n’ai pas l’impression de prendre des risques inconsidérés.
Investir en actions n’est pas risqué pour celui qui comprend « le prix à payer » que suppose sa décision d’investir en actions.
1- Investir en actions sans risque, c’est investir à très long terme.
La finalité revient à affirmer qu’il faut investir en actions, l’argent dont on n’a pas besoin.
Attention, il ne s’agit pas de comprendre dans cet adage que le risque de perte en capital est tellement élevé qu’il faut y investir qu’une part minime de son patrimoine. C’est justement cette idée que je souhaite combattre dans cet article.
Le prix de cotation de votre investissement en action est particulièrement volatile. Cela signifie que le prix (qu’il ne faut pas confondre avec la valeur) de votre investissement variera très fortement, à la hausse comme à la baisse.
Vous devez donc être prêt à supporter ces variations de cours sans céder à la panique. La sérénité est plus facile à atteindre si vous n’avez pas besoin de votre épargne dans 5 ou 10 ans pour financer un projet de vie essentiel pour vous.
C’est l’unique explication de cet adage. Vous ne devez investir en action uniquement les capitaux dont vous n’avez pas besoin avant les 15 prochaines années en permanence (plus le temps passe, plus votre besoin se rapproche et donc moins vous êtes capable de gérer le stress de la variation des cours).
Voici la courbe du CAC40 (dividendes réinvestis)
Si vous investissez en actions l’argent dont vous avez besoin dans 10 ans… vous ne serez pas capable d’encaisser avec sérénité la variation des cours de bourse.
Plus les cours sont élevés, plus vous devez avoir du temps devant vous pour encaisser l’inévitable variation des cours de bourse.
2- Investir en actions, c’est investir de manière diversifiée. Investir dans 5 entreprises est très risqué ; Investir dans un indice large n’est pas risqué.
Investir en action, c’est accepter son incompétence à sélectionner les 5 entreprises qui marqueront l’histoire des 20 prochaines années. Vous devez accepter votre incompétence et investir de manière très diversifiée dans minimum 20 entreprises d’un indice large sur lequel vous avez décidé d’investir.
Toutes les études le démontrent : Il n’est pas possible d’être meilleur que le marché ! Vous devez donc vous contenter de sélectionner le marché sur lequel vous voulez investir (France, Europe, Monde, éventuellement secteur) et y investir de manière diversifié.
L’ETF sera probablement l’outil le plus simple, le moins onéreux et efficace pour atteindre vos objectifs de diversification.
Celui qui investit dans un ETF indiciel type CAC40 GR pour les 25 prochaines années ne prend aucun risque de perte en capital à l’échéance des 25 ans.
Si 25 ans, le CAC40 dividendes réinvestis affichait un niveau de cotation inférieur au niveau actuel, c’est que aurons d’autres problèmes à régler tant l’effondrement nous menacerait.
Il n’est pas raisonnable de parier sur l’effondrement du système, c’est la une narration des rageux qui n’ont rien et qui attendent avec un certaine jouissance l’appauvrissement de ceux qui reussissent pour espérer s’imposer.
3- Investir en actions, c’est accepter la volatilité et ne pas spéculer sur les prix des actions.
Vous ne pouvez pas investir en actions sans accepter la très forte variation des cours de bourse. Spéculer en essayant de vendre au plus haut, puis racheter au plus bas ne fonctionne pas.
Vous devez vous laisser porter et accepter la volatilité des cours. Si vous n’êtes pas capable, vous ne devez pas investir car le stress de la volatilité vous empechera d’investir sereinement et vous fera faire des erreurs qui seront fatales pour votre rendement.
4- Et, probablement le plus important : Vous devez réduire au maximum les frais payés aux intermédiaires.
Puisqu’il n’est pas possible de faire mieux que le marché, il n’est pas utile de payer un intermédiaire pour gérer votre investissement en actions. Les frais payés à ces intermédiaires sont beaucoup trop élevés au regard de leur valeur ajoutée.
Investir en actions, c’est réussir à ne rien faire et à se laisser porter à long terme par la tendance de long terme d’un indice. Il ne sert à rien de payer un professionnel pour ne rien faire !
Les frais de gestion atteignent souvent entre 2% et 3% par année. Sur un objectif de rendement de 6% à 8%, ces frais sont insupportables et détruiront toutes vos perspectives de rendement.