Continuons de creuser les conséquences de l’adoption du télétravail sur le marché immobilier. La Banque de France vient de publier une nouvelle analyse au terme de laquelle les économistes Antonin Bergeaud et Simon Ray expliquent dans cet article « Les transformations économiques liées au télétravail » que :

« Une amplification du recours au télétravail, en particulier des cadres des entreprises de service qui sont les plus concernés, pourrait entrainer des transformations importantes sur l’immobilier d’entreprise.

La demande d’espaces de bureau dans des centres urbains très denses et dont les prix par m² sont déjà très élevés devrait baisser en entrainant une baisse de ces prix, infléchissant une tendance d’agglomération observée depuis les années 1980, en France comme aux États-Unis.

Une étude menée au début de l’épidémie confirme, pour les États-Unis, l’existence d’une corrélation négative entre le recours au télétravail et la projection que l’entreprise fait de ses besoins futurs en espace de bureau. »

Les transformations économiques liées au télétravail

Une analyse qui n’est pas une nouveauté pour les lecteurs réguliers du site tant elle converge avec les analyses que nous vous proposons depuis le début du premier confinement, notamment dans cet article publié sous le titre « Le télétravail, un tsunami qui va bouleverser l’immobilier de bureaux et l’investissement en SCPI ?« . Cette question des conséquences du télétravail sur les besoins d’immobilier de bureaux est même notre obsession depuis de nombreuses années ;

Le confinement et la crise du covid-19 ne font qu’accélérer la vision que nous vous proposions dès 2014 lorsque nous évoquions le nomadisme d’entreprise (Cf. « SCPI : Anticiper les mutations du marché de l’immobilier de bureaux avant d’investir« , publié le 21 mai 2014 dans lequel vous pouvez déjà lire tout ce qui nous arrive aujourd’hui avec l’adoption massive du télétravail).

Les effets de cette baisse de la demande de bureaux sur le prix des logements dans les régions les plus concernées par le télétravail.

Après avoir rappelé que l’adoption du télétravail aura des conséquences territoriales variables selon l’activité économique des entreprises implantées, les auteurs émettent l’hypothèse d’effets indirects de cette baisse de la demande d’immobilier de bureaux sur les autres segments du marché immobilier et notamment le logement.

Les économistes de la Banque de France expliquent que :

Les statistiques récentes illustrent que l’ajustement de l’offre de bureaux résulterait pour une large part d’une baisse des volumes de construction, pesant sur l’activité et l’emploi, mais des conversions d’une partie du stock de bureaux existant en logements sont également à prévoir.

Le choc d’offre de logements résultant de ces conversions pourrait exercer une pression baissière sur les prix de l’immobilier résidentiel dans les localités les plus touchées.

Ce choc d’offre pourrait avoir un effet exacerbé sur les prix de l’immobilier résidentiel du fait de la concomitance d’un choc négatif de la demande résultant de travailleurs valorisant dorénavant moins la proximité avec leur bureau.

Bref, le télétravail et son adoption massive pourrait bien avoir des conséquences importantes sur les prix de l’immobilier de bureaux (c’est là une quasi-certitude), mais également sur le prix des logements dans les métropoles les plus concernées par le télétravail.

Le sujet est passionnant et nous sommes encore très loin de comprendre toutes les conséquences (positives et négatives) de l’adoption accélérée du télétravail.

Il est urgent de changer notre logiciel d’analyse pour intégrer cette nouvelle donne qu’est le télétravail. Cela va bientôt faire un an que nous travaillons depuis notre domicile, les nouvelles habitudes vont être difficile à perdre et c’est tant mieux à lire cette analyse d’autres économistes de la Banque de France qui anticipent des effets positifs sur la croissance économique potentielle et la productivité (cf. « Télétravail : Un effet positif sur la croissance économique et sur la productivité ?).

En tout état de cause, je crois qu’il est urgent de reconsidérer la pertinence de l’investissement en SCPI (cf »Quelle baisse pour le prix des parts de SCPI en 2021 ou 2022 ?).

A suivre…

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