Le problème avec les chiffres, c’est qu’ils permettent d’afficher la réalité des faits, et révèlent les fakenews diffusées par la communication institutionnelle.

L’institut des politiques publiques a réalisée une étude passionnante sur les conséquences des décisions budgétaire sur le budget des Français pour 2019 et 2018. Nous avons enfin des chiffres qui nous permettent de comprendre qui seront les gagnants ou les perdants des récentes réformes fiscales et budgétaires du gouvernement. Pour mémoire, il s’agit de chiffrer les conséquences :

Pour 2018 :

  • Suppression de l’ISF et instauration de l’IFI ;
  • Hausse de la CSG ;
  • Suppression des cotisations sociales maladie et chômage ;
  • Réforme de la fiscalité des revenus du capital ;

Pour 2019 :

  • Baisse de la taxe d’habitation de 30% ;
  • Non revalorisation des pensions retraites ;
  • faible revalorisation des aides sociales ; Réforme APL ;

 

Mais avant de l’analyser ensemble, il me semble important de vous préciser qui sont les auteurs de cette étude. Dans un monde de fakenews et de lobbying permanent, nous devons impérativement vérifier la qualité des propos en analysant par exemple la biographie et les idées politiques des auteurs.

 

Qu’est ce que l’IPP ? Qui sont les auteurs de cette étude ?
Extrait de la présentation de l’IPP : L’Institut des politiques publiques (IPP) est développé dans le cadre d’un partenariat scientifique conclu par PSE-École d’Économie de Paris et le Centre de Recherche en Économie et Statistique (CREST). L’IPP vise à promouvoir l’analyse et l’évaluation quantitatives des politiques publiques en s’appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie.
Bref, ce sont des universitaires ! Il ne s’agit pas d’un cabinet de lobbying financé par quelconque entreprise ou syndicat qui utiliserait une pseudo approche scientifique pour démontrer leurs idées. 
J’ai l’impression que nous pouvons avoir confiance dans la qualité et l’objectivité de cette analyse.
Après ces précautions dont l’objectif est simplement de s’assurer de la qualité de l’étude réalisée, entrons dans les détails.

Au global, qui sont les gagnants et les perdants de la politique budgétaire du gouvernement MACRON pour 2019 ?

Tous les résultats de cette étude peuvent être réunis dans le graphique suivant :

 

Ce n’est pas une grande surprise mais il est plus simple lorsque les chiffres confirment les intuitions :

  • La baisse de la taxe d’habitation de 30% en 2018 profite principalement à la classe moyenne ; (Attention, tout de même à ne pas surévaluer le niveau de revenu de cette classe moyenne – le revenu médian par ménage est de 1692€ / mois par unité de consommation – cf »Faites vous partie de la classe moyenne ? Êtes vous riche ou pauvre en revenu ? » pour mieux comprendre cette statistique ;
  • Les ménages les plus modestes devraient voir une baisse de leur pouvoir d’achat du fait d’une moindre augmentation des prestations sociales ;
  • Ceux dont les revenus sont plus élevés, c’est à dire ceux qui sont au dessus de la classe moyenne, sans pour autant avoir l’impression d’être riche, subiront une forte baisse de pouvoir d’achat. Ils ne bénéficieront pas de la suppression de la taxe d’habitation … et profitent que très peu de la réforme des revenus du capital.
  • Enfin, les grands gagnants de la politique fiscales du gouvernement Macron sont ceux qui possèdent les plus gros revenus. On parle ici de la suppression de l’ISF et de la réforme des revenus du capital qui ne bénéficie qu’1% les plus riches.

 

 

2018 – 2019 : Les retraités les grands perdants de la politique du gouvernement MACRON

Le budget 2019 n’est pas favorable pour les retraités et notamment ceux dont les revenus sont plus élevés qui ne pourront pas profiter de la baisse de la taxe d’habitation.

Lorsque l’on cumule le budget 2019 (baisse de la taxe d’habitation ; non revalorisation des retraites) et le budget 2018 (augmentation de la CSG), les retraités sont clairement les victimes de la politique MACRON !

 

 

et dans le détail, on constate clairement que le bénéfice de la baisse de la taxe d’habitation ne compense pas les conséquences de la non indexation de la retraite.

 

 

 

 

2018 -2019 : Les actifs profitent de la suppression des cotisations sociales maladie et chômage.

La suppression des cotisations sociales maladie et chômage profite clairement aux salariés « actifs » … au détriment des retraités qui subissent la hausse de la CSG, comme nous l’avons vu dans le graphique précédent.

 

 

Je ne peux que vous encourager à poursuivre cette analyse en lisant l’étude complète.




3 Comments

  1. Merci pour le partage de cette étude intéressante.

    « 2018 -2019 : Les actifs profitent de la suppression des cotisations sociales maladie et chômage. »
    C’est vrai, à condition de rester actif et en bonne santé.

  2. Ce qui est bien quand on est indépendant sans enfants, c’est qu’on dépasse rapidement les seuils pour bénéficier de la baisse de la taxe d’habitation, on ne profite pas de la baisse des cotisations sociales (du moins à mon niveau j’ai l’impression que ça se compense avec la hausse de la CSG à quelques euros près…), on ne profitera pas de l’exonération des cotisations sociales sur les heures sup ni de la baisse des cotisations salariales, mes BNC ne profitent pas de la flat tax, vu que je n’étais et ne suis toujours pas imposable à l’IFI je n’ai donc pas constaté de gain lors du passage du premier au second…

    • Vous êtes indépendant ? Bienvenue en France car depuis Hollandeuh , le tabassage fiscal n’a pas cessé . Rappelez vous la taxation des dividendes des gerants majo de sarl par ex.

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