Souvenez-vous, au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel MACRON, nous publions cet article « L’étrange défaite d’Emmanuel MACRON » dans lequel nous pointons la médiocrité de la réponse apportée à la révolte sociale que représentait, et qui représente toujours d’ailleurs, le mouvement des gilets jaunes.
Nous avions ainsi titré cet article en référence à l’analyse de la défaite de la France lors de la seconde guerre mondiale par Marc BLOCH dans un essai justement titré « L’étrange défaite ». Il s’agissait pour nous d’insister sur l’erreur de jugement du président face à une nouvelle forme de mouvement social à laquelle il n’était, lui comme l’ensemble de l’équipe gouvernementale, pas formé.
C’est ainsi que face à une révolte sociale qui réclamait un renouveau politique et une clarification du contrat social de la nation, Emmanuel MACRON s’était contenté d’une réponse comptable dans la lignée du bricolage fiscal et budgétaire qui anime la France depuis trop longtemps.
Face à une révolte sociale contre l’excès de marché, l’excès de mondialisation qui détruit nos sociétés, face à une demande de bon sens… Emmanuel MACRON s’est contenté de proposer de nouveaux déficits budgétaires et des aides sociales qui grèveront toujours un peu plus le budget de l’état et donc nos impôts de demain. Face au ras le bol fiscal, Emmanuel MACRON répond par toujours plus d’impôt.
Les semaines suivantes ont confirmé cette impression d’une réponse médiocre à une question importante. Passé l’euphorie médiatique de ce pouvoir d’achat distribué pour calmer les foules, le gouvernement s’est immédiatement mis à la recherche du financement de cette pseudo générosité sans jamais remettre en cause le fondement de sa politique fiscale : Remise en cause de la suppression de la taxe d’habitation, création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu, sans parler des multiples tentatives pour réduire l’importance du cadeau.
Bref, une nouvelle fois, le gouvernement démontre son sens de l’effort dans la création de nouveaux impôts.
 
Le grand débat fiscal qui s’annonce confirme cette impression d’une étrange défaite. Emmanuel MACRON persiste dans l’erreur de jugement en proposant un débat national autour des mauvaises questions.
Autant l’idée d’un grand débat peut être soutenue, autant le pilotage et la nature des débats laissent à penser que tout cela n’est qu’une manipulation supplémentaire pour éviter de se confronter aux véritables réponses attendues par les Français. En posant les mauvaises questions … Emmanuel MACRON fait en sorte d’avoir les mauvaises réponses.
Les thèmes abordés lors du grand débat sont fixés par le gouvernement ! Le grand débat ne sera pas libre et devra suivre le pilotage souhaité.
L’un des thèmes abordés concernera « Fiscalité et dépense publique ». Vous noterez le lien entre les deux sujets : Dans l’esprit du grand débat, les citoyens qui réclament moins d’impôt devront choisir quel service public il convient de détruire ! Faut-il réduire les retraites ? Combien de fonctionnaire faut-il licencier ? Faut-il réduire les allocation chômage ?
Bref, une question piège qui n’apportera aucune réponse satisfaisante. Le Gouvernement a d’ores et déjà annoncé qu’il ne changerait en rien la politique fiscale mise en œuvre depuis 18 mois. Pas de retour sur la suppression de l’ISF, pas de baisse de la CSG, pas de remise en cause de la flat tax. A quoi bon débattre si rien ne doit changer ?
 
Bref, un sujet piège qui ne s’attaque pas au véritable sujet qu’est la remise en cause de la mondialisation et la financiarisation de l’économie comme nous l’analysons dans notre stratégie d’investissement 2019 : « Stratégie d’investissement 2019 : L’année de tous les possibles sur fond de remise en cause de la mondialisation financière ».
Imaginez la situation imagée suivante pour mieux comprendre mon analyse : Imaginez vous avoir mal à la tête depuis plusieurs semaines. Vous allez consulter votre médecin et que celui-ci vous demande quelle jambe il faut couper ? La gauche ou la droite ?
Quelle que soit votre réponse, la réponse n’est pas la bonne, car la question est mauvaise. Même si, juste après l’opération, vous aurez tellement mal à votre jambe amputée, que vous en oublierez votre mal de tête (qui n’aura pas disparu pour autant).
Le sujet est ici le même : A quoi bon augmenter les impôts des uns ou détruire des services publics si les véritables réponses ne sont pas apportées ?
Nous méritons davantage qu’un débat de comptoir de café pour savoir quel doit être l’impôt qu’il faut augmenter ! La réponse sera toujours la même : Il faut augmenter les impôts des autres … et détruire les services publics dont je n’ai pas besoin.
 
Un autre sujet important concerne la question de la transition écologique. Encore une fois, la pensée complexe du président m’apparaît médiocre. Au lieu d’engager une réflexion profonde sur les maux de notre société de consommation excessive (et donc de poser la question d’une mondialisation destructrice de notre environnement), Emmanuel MACRON demande qui doit payer ? Quel nouvel impôt il faut créer pour engager la transition écologique de notre économie.
N’y a-t-il donc aucune réponse autre que la création d’un nouvel impôt ? Encore une fois, nous dénotons ici, un sens de l’effort prononcé pour la création d’impôt. Mais rien d’autre. Dommage.
 
 
Au final, l’impression d’un grand gâchis ! Emmanuel MACRON persiste dans son « étrange défaite ». Dommage pour la France. Nous avons encore jusqu’à 2022 pour espérer le meilleur et éviter le pire. Vite, pas de temps à perdre avant une seconde grande transformation ! (cf « Les #Giletsjaunes en marche vers une grande réforme sociétale et fiscale ? Vers un ordre économique nouveau ? »).

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