– Un article passionnant écrit par Julien Bonnetouche, notre lecteur passionné de la matière patrimoniale – Julien nous explique aujourd’hui pourquoi s’expatrier est loin d’être une question fiscale ! Derrière le fantasme de payer moins d’impôt, la vraie vie ! – Un témoignage qui illustre parfaitement pourquoi l’expatriation ne va que rarement plus loin que la réflexion. Ne plus voir ses enfants et petits-enfants est un prix trop élevé à payer !

De Maurice à Malte, pour une retraite paisible à la fiscalité maîtrisée !

Comme chaque année à cette période, je passe quelques semaines les pieds dans l’eau du lagon mauricien.

Arrivé à l’age de la retraite, j’ai même envisagé de m’y installer, aussi  bien  pour la beauté des paysages que pour l’attrait fiscal de l’île.

Tout voyageur fiscal devant faire un bilan des avantages comparatifs des différentes possibilités qui s’offrent à lui, j’ai également envisagé Malte, pays dans lequel  j’ai effectué plusieurs séjours, noué certains contacts, et retrouvé des amis de longue date qui avaient franchi le pas.

J’ai finalement renoncé, quelques raisons personnelles faisant pencher la balance vers le côté moins.

J’ai néanmoins décidé de proposer ce sujet à Guillaume, afin de partager avec les lecteurs du blog, une approche qui ne se résume pas à l’aspect fiscal, mais rentre dans certains détails pratiques, en même temps qu’apportera un peu de soleil dans une France hivernale.

Concernant les chiffres, je resterai volontairement dans l’approximation. Ceux-ci peuvent changer, et on trouve presque tout ce que l’on cherche sur internet si l’on souhaite aller plus loin. De plus  les exigences des gouvernements en matière de revenus, ne doivent être considérés que comme des droits d’entrée fiscaux, et non comme le minimum nécessaire à une vie réussie dans l’expatriation qui nécessite des revenus et un capital  plutôt élevés.

Malte et Maurice présentent plusieurs points communs, et quelques différences.

A Malte comme à Maurice, trois principales possibilités sont proposées pour devenir résident, tout en sachant que le régime fiscal général est celui de la flat tax à 15% pour à peu près tout :

-Y exercer une activité sous la forme d’une des sociétés proposées, inspirée du droit anglais. Il faut un chiffre d’affaire raisonnable ( 150000€/an à Maurice) les meilleures options se situant dans les secteurs import / export ou les services internet, avec des activités se déroulant hors du territoire) Certains mécanismes comptables permettent de réduire les impôts à 3%)

-Faire un investissement local sous forme de l’achat d’un bien immobilier  environ 250.000€ à Malte et 500.000 à 1 million$  à Maurice dans des lotissements spécifiques aux étrangers.

-Y prendre sa retraite, c’est sans aucun doute la meilleure option, puisque une déclaration d’impôts de l’ordre de 35000€/ couple/an  à Malte ( soit 5000€ d’impôts)  pour 6 mois de présence, et environ le double à Maurice sont le ticket d’entrée, avec lequel on ne pose pas de question sur la fortune dont les résidents peuvent disposer par ailleurs. (Par exemple dans une autre ile à impôts zéro pour les non résidents)

Au contraire plus les gens sont riches mieux ils sont considérés…      

Mais tout d’abord,  n’oublions pas que le voyageur fiscal est sensé rester dans son pays d’adoption au moins 6 mois et 1 jour par an. Même si les conditions qui le poussent à l’expatriation varient d’une personne à l’autre, un environnement d’accueil suffisemment confortable lui sera suffisamment.

Les saisons sont inversées : il faut beau couleur vacances à Malte de mai à octobre, mais en hiver, ce n’est franchement pas terrible. Le vent est omniprésent, et les terrasses, les plages, qui invitent à la vie en extérieur perdent une grande partie de leurs attraits.

A Maurice il fait beau toute l’année, avec l’été austral en ce moment, 28° le jour 25 la nuit. un peu plus frais et pluvieux en hivers, mais cela reste vivable.

A Malte on parle anglais ( et maltais) Le français est inconnu.

A Maurice on parle français ( et anglais). Le français est dominant dans la vie de tous les jours, et l’anglais reste la langue des affaires.

Ces deux iles sont petites, et l’on en a vite fait le tour, passé le temps des premières découvertes. choisir son lieu d’habitation est donc primordial  pour la qualité de vie.

Malte est imprégnée d’Histoire, depuis les ruines du néolithique bien conservées, en passant par le moyen age avec la citadelle de Victoria à Gozo, et jusqu’aux bâtiments érigés par les chevaliers de l’ordre de Malte, qui perdurent jusqu’à nos jours.

Malte reste un pays fortement ancré dans sa culture chrétienne, les nombreuses fêtes et processions en témoignent.

La Valette fait office de capitale, plutôt touristique, mais juste en face, les « trois cités » antérieures historiquement, sont un lieu de villégiature au charme certain et très recherché avec raison. C’est ce qu’il y a de mieux sur l’ile principale.

A l’opposé du must chic, Gozo, l’ile sauvage uniquement accessible par le ferry, rappelle pour ceux qui l’ont connue, la côte d’azur des années 50. les maltais y viennent en weekend, mais en dehors de cela, le calme et l’authenticité prédominent.

Petites plages  tranquilles ( transats +parasol pour 10/15 €) restaurants de poissons rares, les pieds dans l’eau, et même commerces allant du supermarché à la boutique de produits de luxe /et bios.

 Le cout de la vie à Gozo est deux fois moins élevé que chez nous.

Le loyer pour un 80m2 avec terrasse  par exemple, qui vaut 250000€ revient à  environ 600€/mois, et une bouteille de vin maltais correctement vinifiée de nos jours, coûte  entre 5 et 10 €.

A Maurice, la chaleur peut être étouffante.

Aussi, il parait préférable de privilégier les emplacements située entre la route côtière ( qui fait le tour de l’ile) et la mer, à la fois parce que la vue sur le lagon est idyllique, mais aussi parce qu’on est au calme et qu’une légère brise rafraichissante n’est pas de trop.

Ces emplacements là sont rares, ne sont pas à vendre aux étrangers  (seulement aux mauriciens sous la forme de beaux emphytéotiques  de 99ans) mais pas obligatoirement plus chers qu’ailleurs (environ 2000€/ mois pour un bungalow à l’année 3 chambres 3 SDB, communément appelé campement,  bonne comprise)

L’appellation « bonne » n’est pas péjorative, car celle ci est traditionnellement attachée à la maison, et habite en général de l’autre côté la route. Nous connaissons celle que nous avons, depuis 30 ans.

La société mauricienne est multiculturelle, à forte dominante indoue, avec ses traditionnelles « marches sur le feu » de fin d’année, des chinois, tous dans les boutiques, des créoles, des blancs mauriciens souvent descendants de planteurs de cannes à  sucre, et bien sur quelques femmes voilées que l’on ne voyait jamais autrefois.

Tout le monde s’entend bien.

La région la plus agréable, même sur le plan climat,  est sans conteste au nord, celle autour de Grand Baie, depuis Cap Malheureux jusqu’à Trou aux Biches.

Le coût de la vie à Maurice, est à peu près le même qu’en France. 

Là aussi on trouve tout  : supermarchés et gastronomie de luxe. Mais pas mieux qu’à Malte ou Gozo curieusement, compte tenu du niveau de vie plutôt élevé des riches mauriciens et des nombreux étrangers.

Les restaurants ne sont pas vraiment au niveau souhaité dans l’ensemble, mais ici encore les amateurs de (gros) poissons locaux pourront se régaler pour pas cher.

Vous l’avez compris, quelle que soit l’ile choisie, il vaut mieux aimer la nature, la mer, le bateau, la pêche…et ne pas souffrir de l’absence de théâtre, musées ou cinémas….

Le « campement » voisin du mien est occupé depuis 4 ans par un expatrié qui a eu maille à partir avec le fisc français,  et qui semble tout à fait satisfait de son sort.

Après quelques mois d’observation, par l’intermédiaire d’une association locale d’expatriés franco-belges, il s’est fait des amis qui se reçoivent les uns les autres régulièrement. La vie d’expat en sommes…

NB : au moment précis où j’écris, mon autre voisin vient de ramener plusieurs thons de 10Kgs chacun  de sa pêche. Je lui en ai pris un pour 40€. Je vais devoir en donner !!!

Ne pas oublier que l’on doit y rester 6 mois par an, avec une différence quand même, Malte étant dans l’espace Schengen, personne ne contrôle les passeports. Mais il semble que les autorités maltaises demandent  de plus en plus à ce que les résidents utilisent  régulièrement une carte de crédit sur le territoire  au moment du  renouvellement des permis de résidence.

Dans les deux cas une assurance santé est obligatoire afin de ne pas être a

à la charge de la collectivité en cas de maladie. Le coût de cette assurance monte assez rapidement dès que l’on avance en age. De l’ordre 1500€/an pour une femme de 55 ans et de 5000€/an pour un homme après 65 ans.

Ceci n’empêche pas de rester affilié à la caisse de SS des français de l’étranger.

il n’est pas inutile non plus de rappeler, que l’exil fiscal implique de ne plus vivre en France.

Trois éléments sont pris en considération par l’administration  française :

  • -Ne pas résider en France plus de 6 mois/an
  • -N’y avoir aucune activité qui puisse être considérée comme « centre de ses intérêts économiques »
  • -Ne pas avoir d’enfants mineurs à l’école en France….

En gros, il faut tout vendre, immobilier, assurances vies, investissements en actions…

On peut garder un pied à terre, qui soit identifiable comme une résidence secondaire, et habitée comme telle.

Toutes ces conditions doivent être d’autant mieux respectées que les intermédiaires financiers des Etats qui ne souhaitent pas rester sur la liste noire de l’OCDE, sont maintenant contraints à la transmission automatique des données bancaires en fonction de critères variés, qui vont  du pays de naissance de leurs clients, jusqu’aux élements recueillis après un examen de leur profil internet. Big Brother !!!!

Alors, ça vous tente  ?

A titre personnel, je suis toujours résident fiscal en France. La balance du choix de partir ou non tient compte de mon point de vue  de 3 éléments :

  • la vie familiale et l’opinion de sa femme : souhaite-t-on rester proche des enfants ? a t on une compagne faite pour l’aventure ou non ?
  • la vie culturelle et l’art de vivre à la française.  dans quelle mesure est  on disposé à s’en passer 6 mois, voire presque totalement pour une question se coût des dépenses induites ?
  • la différence d’impôts est elle significativement décisionnaire ? Par  exemple dans mon cas, j’ai re-organisé mes investissement au moment de ma retraite, et l’essentiel de mes avoirs financiers, en actions et autres est dans des assurances vie donc pas trop fiscalisés. Mes locations d’appartement  sont en LMP donc pas d’ISF depuis le début. et peu d’impôts non plus avec les amortissements. Ma retraite de médecin n’est pas très importante donc pas trop d’impôts non plus la dessus

Finalement certaines années on ne paye pas grand chose de plus que le coût supplémentaire que représenterait deux points de chute et deux logements, voitures + les frais décrits dans l’article …

Pour le moment, nous réussissons, ma femme et moi à concilier l’ensemble de ces éléments, puisque nous vivons à Paris ( juste de l’autre côté du périphérique dans une grande maison avec jardin,  nos enfants ne sont pas loin et nous partons ( comme vous le savez) souvent en voyages…. on va au musée, au théâtre souvent. au restaurant…

Mais c’est une question qui est en suspens depuis quasiment le moment de ma retraite, si par hasard les circonstances venaient à changer…..avant que nous soyons trop vieux !!!

Bref, derrière le fantasme de l’expatriation, la vraie vie, la famille, le vie culturelle m’obligent à préférer payer des impôts en France.

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